Produits forestiers Résolu veut notre bois
La région des Laurentides se mobilise pour s’y opposer
Luc Bélisle
Mis au fait par un article du quotidien Le Droit que l’entreprise outaouaise Produits forestiers Résolu s’activait auprès du gouvernement du Québec afin de pouvoir couper du bois près de Ferme-Neuve et Mont-Laurier, un secteur où elle ne possède pas de droit de coupe, toute la région des Laurentides se mobilise pour s’opposer à ce transfert de bois résiduel.
Produits forestiers Résolu cherche a obtenir un approvisionnement de 800 000 mètres cubes pour les cinq prochaines années, des volumes de bois présentement non alloués sur une unité d’aménagement où les scieries Crête de St-Faustin-Lac Carré et Forex, divisions Ferme-Neuve, Mont-Laurier et Ste-Véronique, détiennent des droits de coupe. Ces deux entreprises comptent sur ces volumes pour leur propre relance, alors que Produits forestiers Résolu dit elle aussi avoir besoin de ces volumes de résineux pour relancer son usine de Gatineau. Si le gouvernement semble ouvert à accorder un volume de 160 000 mètres cubes pour 2012 à Produits forestiers Résolu sur l’unité d’aménagement forestier visé, Québec n’entendrait cependant pas étendre cette allocation de volume pour les années subséquentes.
La région des Laurentides, et principalement la MRC d’Antoine-Labelle, ont déjà joué dans ce film au milieu des années «90», rappelait Gilbert Pilote le maire de Ferme-Neuve, et la population était sortie dans la rue pour s’assurer que le bois de la région y reste pour les entreprises de la région. On n’en est pas encore là, mais les acteurs concernés dans la région veulent faire savoir au gouvernement qu’ils s’opposent fermement à la demande de Produits forestiers Résolu.
Les ministres Clément Gignac et Michelle Courchesne ont été rejoints en conférence téléphonique lors de la rentrée parlementaire la semaine dernière pour être mis au fait de l’opposition de la région des Laurentides et des raisons qui la justifient. Des hauts fonctionnaires ont aussi été rejoints et sembleraient s’opposer aux volontés de la scierie outaouaise.
«Les scieries Crête et Forex œuvrent actuellement dans les Hautes-Laurentides et détiennent des contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF) sur l’unité d’aménagement forestier visée par cette demande. Ces deux scieries représentent des entreprises performantes qui constituent l’assise de la structure industrielle forestière des Hautes-Laurentides. Les volumes d’approvisionnement forestier, sollicités par Produits forestiers Résolu de Gatineau, sont essentiels afin d’optimiser la productivité et d’assurer la compétitivité à moyen et à long terme de nos entreprises locales», mentionnait le préfet de la MRC d’Antoine-Labelle, Roger Lapointe. M. Lapointe rappelait également que depuis les années «80» on a réussi à se doter d’usines performantes, et d’une grande expertise dans les années «90». La crise forestière a eu des effets désastreux sur notre industrie forestière, il y a eu un «brassage de cartes», mais l’industrie forestière régionale se relève. Dans ce contexte, on ne peut laisser le bois d’ici sortir de la région, affirme-t-il. Pour M. Lapointe, Produits forestiers Résolu se livre à un jeu dangereux, allant même, aux yeux du préfet, «à accentuer les problèmes avec les autochtones pour justifier sa demande de bois chez nous!».
Raymond Paquette de Signature Bois Laurentides a été encore plus cinglant que Roger Lapointe. Il a rappelé que le bois est un créneau d’excellence dans les Laurentides et que bientôt 100 % de la forêt des Laurentides sera certifié selon les principes du développement durable. «Un million $ ont été investi à cet effet par les entreprises en période de crise et on n’est pas pour se le faire voler par des entreprises qui se foutent des normes et des certifications. On a des projets en cours avec les entreprises d’ici et le bois d’ici!». Pour Pierre Poirier, maire de St-Faustin-Lac Carré et représentant de la MRC des Laurentides: «C’est un dossier de la région, vous avez notre appui. Faut un message clair et fort: Venez pas piger dans notre garde-manger!».
Bien que la crise forestière ait affecté gravement cette industrie ces dernières années, entraînant la perte de centaines d’emplois, le redémarrage et la reprise des activités en 2011, bien que timide, démontrent des perspectives de développement encourageantes, s’entendent pour dire les acteurs concernés: les CLD d’Antoine-Labelle et des Laurentides, la Conférence régionale des élus (CRÉ) des Laurentides, Signature Bois Laurentides, les MRC d’Antoine-Labelle et des Laurentides, les municipalités de Ferme-Neuve, Mont-Laurier et St-Faustin-Lac Carré, la Commission des ressources naturelles et du territoire des Laurentides, ainsi que les scieries Crêtes et Forex, de même que la Coopérative forestière des Hautes-Laurentides.
Si le travail a repris à l’usine de Ferme-Neuve (Max Meilleur), Forex compterait également repartir celle de Mont-Laurier (Bois nobles Kanenda) d’ici quelques mois. Pour celle de Ste-Véronique (Radermaker), il n’y a pas de projet actuellement et il faudra attendre que le marché du bois canadien ait pris plus de vigueur.
Le fait que l’on ait pu rejoindre deux ministres très rapidement lors de la rentrée parlementaire semble démontrer que Québec se soucie de l’opinion des Laurentides dans ce dossier, croient Roger Lapointe et Michel Adrien, président du CLD d’Antoine-Labelle. Par mesure de précautions, on va demander des résolutions d’appui à toutes les municipalités et suivre de très près l’évolution de la demande de Produits forestiers Résolu. Si rien ne semble exclu comme moyens de pression, on semble encore loin de voir la nécessité d’un appel à la mobilisation populaire comme ce fut le cas au milieu des années «90».
Pour Robert St-Martin, directeur général de Forex pour les usines de Ferme-Neuve, Mont-Laurier et Ste-Véronique, Robert St-Martin, la relance des usines passe par la possibilité de récupérer tous les volumes de bois attribués aux usines avant la crise et les faillites.
Options spéciales en formation professionnelle
Le MEQ met des bâtons dans les roues des CFP !
Luc Bélisle
Si les dix-huit options régulières connaissent une croissance constante au Centre de formation professionnelle (CFP) Mont-Laurier en terme d’admission, les nouvelles sont moins bonnes en ce qui concerne les options spéciales qui se butent à de nouvelles règles et à des refus inexpliqués.
En effet, avant 2010, le CFP Mont-Laurier et les autres au Québec pouvaient s’entendre de gré à gré avec un autre CFP à tout moment pour dispenser des formations spéciales de manière provisoire ou permanente afin de répondre à la demande de la clientèle et aux besoins du marché du travail. Le CFP Mont-Laurier s’est d’ailleurs montré très proactif à ce chapitre.
La situation a changé en 2010, alors que le ministère de l’Éducation a décidé de prendre les choses en main et d’avoir le dernier mot sur l’acceptation ou non des demandes d’options spéciales par les CFP.
Les CFP ont maintenant deux périodes durant l’année pour soumettre leurs demandes d’options spéciales: une en décembre pour une réponse en mars et une autre en juin pour une réponse en septembre. Avant de formuler ces demandes, les CFP doivent obtenir des avis favorables pour chacune d’un économiste d’Emploi-Québec en regard des besoins du marché du travail. L’adéquation formation-emploi est un préalable incontournable au Ministère.
Toutefois, si on appréhende des pénuries d’emploi dans plusieurs domaines au Québec, le Ministère rend parfois des décisions qui s’expliquent mal. Ainsi, après avis favorables d’Emploi-Québec, le CFP Mont-Laurier déposait en juin dernier des demandes en options spéciales pour des formations menant à diplômes d’études professionnelles (DEP) en production acéricole, conduite d’engins de chantier, mécanique industrielle, de construction et d’entretien, ainsi que de charpenterie-menuiserie, de même que pour celle menant à une attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en mécanique de moteurs diesels et de contrôles électroniques. Malgré les avis favorables, le CFP s’est vu refuser la permission de donner ces formations, un refus sans explications.
En décembre dernier, le CFP est revenu à la charge pour les cinq formations précédemment refusées, en ajoutant des lettres d’appui à cette nouvelle demande. Selon la nouvelle procédure en vigueur au Ministère, ce dernier devrait donner sa réponse en mars prochain.
Au CFP Mont-Laurier, Sylvain Tremblay, directeur et responsables des projets spéciaux, admet que cette nouvelle façon de faire ralentit le développement de nouvelles formations et occasionne de la frustration chez les gens qui attendent pour s’inscrire à ces nouvelles formations. Pour M. Tremblay, cette perte d’autonomie donne moins de marge de manoeuvre au CFP et se traduira par une offre réduite en formations dites spéciales.
Comme le CFP Mont-Laurier n’est pas le seul à souffrir de cette mainmise accrue du Ministère sur les formations spéciales, il est à se demander comment on pourra répondre dans l’avenir à l’adéquation formation-emploi qui devrait permettre de faire face à la pénurie de main-d’oeuvre au Québec. Il semble bien qu’il n’y ait pas que les voies de Dieu qui soient impénétrables!
De gauche à droite: Robert Leclair, conseiller en formation au CFP et Sylvain Tremblay, directeur, qui ont expliqué le cul-de-sac dans lequel le CFP s’est retrouvé avec ses demandes de formations «spéciales» en septembre dernier, demandes réitérées en décembre dernier.
Cahier de développement de l’enfant 0-5 ans
Lancement de la campagne de financement du projet
Une partie des représentants des organismes membres du CAL lors du lancement de la campagne.
Luc Bélsile
Les membres du Comité d’Action Local de Mont-Laurier/Rivière-Rouge (CALont procédé au lancement officiel de la campagne de financement de leur projet de «Cahier de développement de l’enfant 0-5 ans», un cahier visant à mieux outiller les parents. L’objectif est d’amasser 20 000 $.
Ce projet original et unique vise à regrouper, vulgariser et diffuser tout ce qu’il faut savoir, comme parents d’enfants de 0-5 ans, afin de suivre de façon autonome le développement de son enfant par des observations concrètes et s’impliquer dans le processus de dépistage de possible problème de développement. La conception de ce cahier vise à maximiser une intégration réussie en milieu scolaire. Une cueillette de données en 2011 auprès des parents est venue confirmer leur besoin en informations et le cahier se veut une réponse aux préoccupations très largement exprimées, explique l’agente de projet, Élaine Brière.
Le cahier de développement de l’enfant 0-5 ans viendra également répondre aux éléments les plus importants de l’Indice de mesure du développement de la petite enfance (IMDPE) et du portrait fait autour des enfants de moins de cinq ans. Les résultats de l’IMDPE de 2007 dans la MRC d’Antoine-Labelle ont mis en évidence les lacunes au niveau de la stimulation du langage, de la maturité affective et des habiletés relationnelles des enfants de notre territoire. Il est reconnu que plus la stimulation du développement de l’enfant débute tôt, meilleurs sont les résultats et plus grand est l’impact sur une intégration scolaire réussie. Puisque les enjeux sont importants avant cinq ans, la finalité du projet est évidemment d’amener les enfants à l’école dans des conditions optimales.
Le Comité d'Action Local de Mont-Laurier/Rivière-Rouge (CAL) est un regroupement de différentes organisations intervenant auprès de la petite enfance dans la MRC d’Antoine-Labelle. Sa mission est de miser sur le potentiel de chacun et agir ensemble de façon concertée afin de favoriser le développement global de l’enfant dans le respect et la dignité.
La création de cet outil suscite un intérêt évident et Avenir d’Enfants finance le salaire d’une ressource à temps partiel, ce qui équivaut au 2/3 du coût total du projet, soit 70 000 $ sur trois ans. Les membres et partenaires du CAL quant à eux, s’impliquent de diverses façons, en déléguant des experts au comité de travail, en fournissant du support logistique, équipement, bureau, papeterie, ordinateur, téléphone, ainsi qu’en soutien financier.
Les membres du comité de travail souhaitent atteindre l’objectif de leur campagne de financement de 20 000$ au cours des prochains mois. Cette somme sera dédiée à la conception et à l’impression des mille exemplaires du cahier de développement. En deux mois à peine, un montant de 8 000 $ est déjà amassé. La campagne de financement cible les municipalités, les pharmacies, les caisses Dejardins, les gens d’affaires.
Le cahier, comprenant une centaine de pages, sera imprimé en 1 000 exemplaires de grande qualité et adapté pour les faibles lecteurs tout autant que pour les personnes plus scolarisées. Il devrait également être disponible sur internet.
Pour en savoir plus sur le CAL: www.servicesauxparents.com.
Déjeuner «circuit-santé» à Ferme-Neuve
Un succès avec plus de 200 participants
Un bon petit déjeuner santé, ça décroche des sourires!
Luc Bélisle
La Coopérative de solidarité en soins de santé a atteint son objectif dimanche dernier en accueillant plus de 200 personnes pour son activité déjeuner «circuit-santé». Les profits seront versés à la Fabrique. Le repas, élaboré par une nutritionniste et servi par les bénévoles de la fabrique, offrait un beau menu varié et... santé. Présentée au sous-sol de l’église, l’activité réunissait une dizaine de kiosques à vocation santé, allant de la pharmacie à la physiothérapie, en passant par le dépistage du diabète et la massothérapie. Des activités s’étaient associées à ce «circuit-santé», dont une visite avec essai gratuit des installations de Promo-Santé, la visite des locaux de la Coopérative, un atelier-conférence et l’accès gratuit aux sentiers des amis de la Montagne du Diable.
Les bénévoles de la Fabrique.
